Ah la respiration nasale, quelle facétie. Je dirais même plus : quel drame shakespearien. Vous venez d’apprendre que la respiration physiologique, entendez par là « la respiration que vous êtes censé utiliser 90% de votre temps » est la respiration nasale. L’action d’inhaler et d’expirer de l’air uniquement par le nez. Cette respiration calmerait le stress, détendrait votre corps et vous rendrait même plus attirant. Convaincu, vous passez à l’acte. En plus, ceci n’a rien de bien sorcier. Vous fermez la bouche et là.. c’est le drame. Ce qui devait vous apaiser, vous tend. Ce qui devait vous guérir est en train de vous tuer et ceci pour une seule et unique raison : vous manquez d’air. Comment est-ce possible ?

Comment se manifeste l’impression de manquer d’air ?
Respirer c’est à la vie, à la mort. Il existe même un adage bien connu qui dit qu’en moyenne une personne ne peut survivre trois semaines sans nourriture, trois jour sans eau et trois minutes sans air.
On est tenté d’en déduire que si la respiration n’est pas la vie, alors c’est au moins une composante qui lui est essentielle et que manquer d’air signifie donc mourir. Comme la vie, l’air repose sur le principe de Dualité. Le principe de Donner pour Recevoir.
Celui de l’Expiration et de l’Inspiration.

Lors de l’inspiration l’air arrive dans les poumons. Après tout un tas de ramifications, il fait face aux alvéoles pulmonaires.
Ces alvéoles sont des échangeurs gazeux. À leur contact le dioxygène O2 contenu dans l’air se fixe sur les globules rouges (le sang).

Ce sang nouvellement oxygéné parcourt tout le corps pour alimenter les tissus et les organes en énergie.
L’échange équivalent nous dit donc que comme les organes et les tissus ont reçu alors ils doivent donner.
Ils donnent en contrepartie de la réception du dioxygène O2, du dioxyde de carbone CO2.

Ce nouveau sang désoxygéné va lui aussi parcourir le corps. Son taux de CO2 ne cessant d’augmenter est la preuve de la bonne transmission de l’énergie.
Une fois son tour fini, le sang non oxygéné va repasser dans les alvéoles pulmonaires. Vous vous souvenez, nos échangeurs gazeux.

Le CO2 va ensuite être libéré dans les poumons où il sera expulsé du corps lors de l’expiration.
Commence alors un nouveau cycle.
L’impression de manquer d’air se fait ressentir quand le sang oxygéné n’alimente pas assez d’organes ou de tissus. Se produit le besoin de vite reprendre une inspiration pour faire fonctionner le reste du corps.
Mais donc si tout ceci n’est qu’une histoire de volume de dioxygène, pourquoi ne pas simplement respirer par la bouche ?
Entre le nez et la bouche, que choisir pour respirer ?
Dans la vie il y a la Théorie et la Pratique. La Théorie regroupe le monde des idées, des concepts tandis que la Pratique englobe le monde tangible et sensoriel. Les deux vont de pair. L’écueil de notre société est d’avoir brisé l’équilibre au profit de la théorie.

Le nez est l’organe de la respiration. En tout cas, tout indique qu’il l’est.
Il filtre l’air d’une manière exceptionnelle. Muni de ses nombreux poils, le nez piège et expulse tout agent étranger désirant faire un tour dans vos poumons.
Le nez réchauffe et humidifie l’air. Ce qui est primordial. L’air du nez se réchauffe en passant dans les cavités nasales tout en s’humidifiant grâce aux muqueuses qui les tapissent. Cet air nouvellement humidifié préviendra la sécheresse des voies respiratoires et participera à l’élasticité des tissus pulmonaires.
En plus, les animaux respirent par leur naseau et le nez est au milieu de la figure (bon ce n’est peut-être pas l’argument le plus convaincant mais vous avez l’idée).
La bouche au contraire n’est censée s’ouvrir qu’en de très rares occasions. Lorsqu’on se nourrit, lorsqu’on parle ou encore lorsqu’on a besoin d’une quantité inhabituelle d’air.

Respirer par la bouche nous prive donc de la filtration, de l’humidification et du réchauffement de l’air. On tombe donc plus souvent malade. La gorge est également beaucoup plus sèche. Ce qui peut aggraver les crises d’asthmes et les allergies.
Cependant lorsqu’on respire par la bouche, le volume d’air dans nos poumons est considérable. Et ça tombe bien car ce que nous voulons réellement c’est respirer quand même.
Alors se pose un dilemme. Écouter son cerveau ou écouter son cœur ?
Les arguments disant que la respiration nasale est physiologique sont probants. Pourtant votre propre physiologie vous pousse à respirer par la bouche pour avoir l’air dont vous avez besoin.
Argh que faire ?
La respiration est un Don
Réfléchissons et allions théorie et pratique. En théorie, le nez semble être le choix idéal pour respirer. En pratique, l’air, même s’il est de moins bonne qualité, arrive plus efficacement dans nos poumons via la bouche. Comment Dieu, Mère Nature ou encore l’Univers s’y est-il pris pour contourner cet état de fait.

Il nous a doté de deux choses.
Premièrement il y a une chose que j’ai oublié de mentionner (oups pardon) lorsque j’ai parlé des bienfaits de la respiration nasale.
Lorsqu’on inspire par le nez, l’air passe à travers des cavités nasales appelées sinus. Jusqu’ici rien de nouveau. L’air est donc ensuite chauffé et humidifié. Cependant on peut observer un phénomène vraiment fascinant. L’air, au contact de ces sinus para-nasaux, va entre autres synthétiser une grande quantité d’oxyde nitrique (NO). Et ce qu’il faut noter c’est que cette molécule (NO) possède de grandes vertus anti-inflammatoires et favorise la vasodilatation des vaisseaux.

La vasodilatation est l’augmentation du diamètre des vaisseaux sanguins (artère pour le sang oxygéné, veine pour le sang désoxygéné).
L’effet immédiat est alors une augmentation du débit sanguin et une baisse de la pression artérielle. Ce qui veut dire que le sang oxygéné arrive plus vite et en quantité plus importante à vos organes et vos tissus.
Plus besoin de chercher immédiatement une deuxième inspiration dans la foulée car la première aura suffit.
Deuxièmement, nous avons été dotés d’un instinct. Instinct que vous pouvez choisir d’écouter ou d’ignorer mais instinct quand même. Surtout que la respiration buccale n’est pas prohibée, elle est circonstancielle. Elle se déclenche quand le corps estime que l’effort que vous faites nécessite un apport colossal en O2. Un effort intense lors d’une activité physique par exemple.
Donc si votre instinct vous dit de respirer par la bouche parce que vous avez l’impression de manquer d’air, peut-être qu’il faudrait chercher à comprendre pourquoi il se déclenche au lieu de le repousser en bloc..
Vous respirez mal car vous êtes votre ennemi
« Connais ton ennemi et connais toi toi même ». On prête cette citation à Sun Tzu tiré du célèbre ouvrage l’Art de la guerre.

La partie de la citation qui nous va réellement nous intéresser est la dernière » connais toi toi même ». La majorité, pour ne pas dire la totalité, de nos maux vient du fait que l’on ne se connaît pas soi-même. Nous sommes passés maîtres dans l’étude d’autrui au point d’avoir totalement oublié que le premier champ d’observation n’est autre que nous même.
Il est fascinant de remarquer qu’en dessous de la cage thoracique il n’y a rien.

Si ce n’est vos organes et vos viscères bien entendu. Mais il n’y a rien qui potentiellement maintienne la cage thoracique d’aplomb. Pourtant, elle est le lieu de villégiature de vos poumons qui, comme on a vu, sont la clé pour une respiration de qualité.
Bien trop souvent nous ne faisons pas attention à la position relative de notre corps. Où se situe ma main ? Où se situe mon épaule ? Comment est ma tête par rapport à mon cou ? Se produit alors des choses qui vont à l’encontre de la théorie.
Respirer par le nez produit du NO qui dilate les vaisseaux sanguins. Le sang oxygéné afflue alors vers les organes et les tissus plus rapidement en quantité abondante. Encore pour ça faudrait-il qu’il en soit capable. Car oui, qu’est-ce qui dicte in fine le tempo du sang dans notre corps ? C’est le cœur.

Le cœur est l’organe musculaire qui agit comme une pompe pour faire circuler le sang. Il agit comme un métronome et s’adapte à son environnement. Si vous respirez par le nez, dû à la vasodilatation qui augmente le débit de sang, en bon métronome qu’il est, il adaptera sa cadence et battra moins vite, ce qui le préserve.
Mais c’est sans compter l’effort insidieux que que vous produisez à votre insu : votre cœur et vos poumons supportent en permanence le poids de votre cage thoracique qui s’affaisse.

Ceci s’explique car votre colonne vertébrale est reliée à votre cœur par des ligaments. Ainsi sans vous en rendre compte, votre cage thoracique devient un véritable poids pour votre cœur et vos poumons. La respiration nasale ne suffit plus et vous avez l’impression de manquer d’air.
Alors moi un jeune homme black de 20 ans dans combien de temps pour voir les bénéfices et résultats
Bonjour, la question est trop vague pour que je puisse y répondre précisément car cela dépend d’où vous partez et de votre implication dans l’acquisition des ces nouvelles habitudes.