Un peu de physiologie
Dans le monde du sport, un athlète cherche toujours à obtenir la meilleure performance possible. Pour se faire, il se doit de connaître son corps dans les moindres détails et avoir une excellente compréhension de la gestion de son énergie. Parce que oui, peu importe le sport, peu importe les spécificités ou la technicité requise, la gestion de l’effort reste primordiale, voire vitale.

Ainsi, il faut être capable de maximiser l’énergie produite lors de l’effort et de surtout être en mesure de pouvoir récupérer rapidement dans le but de reproduire ledit effort.

Pour se mouvoir, les muscles ont besoin d’énergie dont une grande partie provient de la respiration. Lorsqu’on inspire, on apporte de l’oxygène (O2) via nos globules rouges à nos cellules musculaires qui, en réaction, produisent du dioxyde de carbone (CO2) que l’on va expulser lors de l’expiration.

La question est alors de comment maximiser l’énergie produite par nos cellules musculaires ?
C’est la dose qui fait le poison

On a tendance à diaboliser le CO2 car à très haute dose, il devient dangereux dans l’organisme.
Cependant c’est sa présence dans le corps qui alerte le cerveau sur le besoin de respirer.
Je reformule. La respiration n’est rien d’autre que l’équilibre entre l’absorption de O2 et le rejet de CO2. Quand le dioxyde de carbone (CO2) est présent en excès dans le corps, cela permet de prendre possession du rythme de sa respiration. En effet, c’est vous qui allez décider du moment où vous allez expirer. Ceci va avoir pour conséquence de diminuer votre rythme cardiaque et de prévenir l’hyperventilation.
Hormis la récupération beaucoup plus rapide, le fait d’augmenter votre niveau de tolérance au CO2 va aussi vous permettre d’avoir beaucoup plus d’énergie grâce à ce qu’on appelle les mitochondries.

Les mitochondries sont des « réacteurs » qui produisent l’énergie de vos cellules. Elles vont réagir au stress contrôlé que vous leur faites subir en augmentant votre seuil de tolérance au CO2 et vont ainsi fusionner pour apporter plus d’énergie à vos cellules et donc vos muscles.
Maintenant qu’on sait comment maximiser l’énergie dans notre corps, il reste à déterminer comment respirer.
La nature est bien faite

La nature, l’univers ou même Dieu, peu importe comment vous le qualifiez, fait bien les choses.
Il se trouve que l’être humain dispose d’un organe parfaitement adapté et conçu pour la respiration qui s’appelle le nez.
Nous recherchons la performance maximale donc il est logique que nous utilisions l’organe optimisé pour la respiration.
Lorsqu’on inspire par le nez, l’air passe à travers les sinus et alors on peut observer un phénomène vraiment fascinant. L’air, au contact des sinus paranasaux, va synthétiser une grande quantité d’oxyde nitrique (NO). Et ce qu’il faut noter c’est que la molécule (NO) possède de grandes vertus anti-inflammatoires et favorise la vasodilatation des vaisseaux.

Si je reformule, respirer par le nez permet une absorption incommensurablement plus grande de l’oxygène (O2) dans les cellules et donc un apport d’énergie incroyablement plus grand et plus qualitatif.
En résumé le nez fournit moins d’oxygène brut que la bouche mais l’air filtré est extraordinairement plus qualitatif et permet de monter le seuil de tolérance en CO2. Chaque athlète (chaque être humain en réalité) devrait respirer par le nez.
La polémique
Quand on sait tout ce que je viens de vous expliquer et que de surcroît on est un sportif, on va chercher à intégrer la respiration nasale dans son programme d’entraînement.
Néanmoins attention. Pendant un effort intense, il est naturel de respirer par la bouche.
Cependant plus vous allez vous entraîner à respirer par le nez pendant les entraînements, plus votre respiration et vos dépenses énergétiques seront contrôlées lors des grands moments.
C’est ainsi qu’on a vu le footballeur Erling Haaland dire que lors de ses entraînements il se mettait du scotch sur la bouche (pour se forcer à ne respirer que par le nez).

La numéro 1 actuelle de tennis féminin, Iga Swiatek, a elle aussi été surprise entrain de s’entraîner avec un sparadrap sur la bouche.

S’en est alors suivi une vague d’articles dans différents journaux pointant du doigt cette pratique.

La raison de tout ce remue ménage est donc qu’il faut faire attention car les non-sportif pourraient s’étouffer pendant la nuit en se scotchant la bouche et que ceci provoquerait l’apnée du sommeil.
Mon gros problème avec ce genre de citation est qu’ils prennent les gens pour des idiots.
Le problème n’est pas que les gens dorment avec un sparadrap sur la bouche ou non. Le vrai gros problème est pourquoi ces même personnes n’arrivent pas à dormir la bouche naturellement fermée tout court.
Pourtant une rapide recherche sur Google vous montre bien un consensus assez clair sur les méfaits de dormir la bouche ouverte.
Ils détournent les gens des vraies questions car oui, chaque personne devrait normalement être en mesure de dormir la bouche fermée sans sparadrap. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a des problèmes sous-jacents qu’il faut régler. Surtout lorsqu’on voit tous les bienfaits que cela confère à commencer par le développement maximal de votre visage.
